Prévention des infections urinaires chez les patients atteints de lésions médullaires
- Fonctionnement standardisé
Après un lavage des mains soigneux en six étapes, respectez scrupuleusement les principes d'asepsie. Désinfectez l'orifice urétral ainsi que la peau et les muqueuses environnantes avec un désinfectant approprié. Chaque coton doit être à usage unique. Placez correctement un champ stérile afin d'éviter toute contamination de l'orifice urétral et de maintenir une stérilité maximale.
Points clés de prévention lors de l'insertion d'un cathéter :
Comme des spasmes urétraux peuvent survenir lors du cathétérisme, les mouvements doivent être doux et le patient doit être invité à se détendre et à coopérer. La sonde doit être insérée à une profondeur adaptée à la longueur de l'urètre. Tout au long de la procédure, il est impératif d'éviter toute lésion mécanique de la muqueuse urétrale. Il ne faut pas être trop agressif, même si le patient présente une déficience sensorielle et ne ressent pas la douleur. Lors de la vidange vésicale, il convient de prévenir tout reflux urinaire susceptible d'entraîner une infection rétrograde.
- Maintenir la propreté et la sécheresse des organes génitaux externes
Lors d'un cathétérisme intermittent, la région périnéale ainsi que la peau et la muqueuse autour de l'orifice urétral doivent être nettoyées quotidiennement à l'eau claire ou rincées afin de maintenir une bonne hygiène et de réduire le risque d'infection urinaire. Ce nettoyage doit généralement être effectué 2 à 3 fois par jour. Cependant, chez les patients atteints de lésion médullaire et d'incontinence fécale, notamment en cas de diarrhée avec selles liquides, un nettoyage immédiat est indispensable pour prévenir toute contamination du système urinaire par les bactéries fécales.
Étant donné la brièveté caractéristique de l'urètre chez la femme, il convient d'accorder une attention particulière au maintien de la propreté et de la sécheresse de la région périnéale, au maintien d'une relative stérilité de l'orifice urétral et à la prévention des infections bactériennes intestinales.
Pour les personnes souffrant d'incontinence urinaire et utilisant des couches ou des poches de protection jetables, il est déconseillé de les réutiliser. Il est recommandé de limiter la durée de port et de maintenir la zone périnéale sèche. Au besoin, un sèche-cheveux ou un appareil similaire peut être utilisé pour prévenir l'humidité locale, qui favorise la prolifération bactérienne.
- Éviter l'irrigation mécanique de la vessie
Il est recommandé aux patients de boire abondamment, avec un apport quotidien supérieur à 2000 ml. En principe, l'irrigation vésicale artificielle est déconseillée. Elle ne prévient pas les infections ; au contraire, elle augmente le risque d'infection (l'irrigation peut endommager la muqueuse vésicale ou provoquer une irritation chimique, favorisant ainsi les infections, ou encore une cystite chimique aggravant les infections urinaires). Par conséquent, il est important d'encourager les patients à boire beaucoup d'eau afin d'augmenter la diurèse, ce qui assure un drainage naturel de la vessie tout en limitant le risque de contamination bactérienne par la sonde. De plus, une hydratation suffisante, associée à des changements de position fréquents (toutes les deux heures) et à des exercices actifs et passifs adaptés à leurs capacités (se lever et marcher avec une aide technique), permet de réduire rapidement la concentration de calcium dans les urines, contribuant ainsi à prévenir la formation de calculs urinaires et les infections.
Cependant, en cas d'apport hydrique insuffisant et si l'urine recueillie par la sonde est trouble et contient des sédiments ou des caillots, la fréquence des irrigations vésicales, si nécessaire, doit être réduite au minimum. De plus, une asepsie rigoureuse doit être respectée. Il est préférable d'utiliser une sonde de Foley à trois voies, dont l'une sert d'orifice pour le ballonnet d'injection de 5 à 10 ml d'eau stérile. Les deux autres voies sont reliées au dispositif d'irrigation (à l'aide d'un perfuseur permettant de ponctionner l'extrémité distale désinfectée de la sonde pour une perfusion rapide), et l'autre à la poche de recueil, formant ainsi un système d'irrigation vésicale clos qui évite d'ouvrir les points de connexion afin de minimiser au maximum la contamination. La couleur et le volume des urines doivent être surveillés en permanence. En cas d'infection, un traitement doit être instauré rapidement pour prévenir une infection bactérienne rétrograde.
- Améliorer la résistance corporelle
Il convient de veiller à améliorer l'état général du patient et à renforcer son système immunitaire et ses défenses anti-infectieuses. Son alimentation doit lui apporter les nutriments essentiels, notamment des vitamines et des oligo-éléments, en assurant un apport suffisant en sucres, protéines et glucides pour renforcer ses défenses immunitaires. La vitamine A favorise la synthèse des glycoprotéines ; les protéines présentes à la surface des membranes cellulaires sont principalement des glycoprotéines, tout comme les immunoglobulines. Un apport insuffisant en vitamine A affaiblit les cellules épithéliales respiratoires, les rendant plus vulnérables aux infections. Une carence en vitamine C diminue la concentration de cette vitamine dans les globules blancs, réduisant ainsi leur capacité de défense et exposant l'organisme aux maladies. Par ailleurs, des oligo-éléments tels que le zinc et le sélénium, ainsi que les vitamines B1 et B2, et bien d'autres, jouent un rôle important dans le fonctionnement immunitaire non spécifique de l'organisme.
**5. Choisir un cathéter approprié**
Le choix de la sonde urinaire doit se faire en fonction de l'âge, du sexe et de l'état de l'urètre du patient afin de sélectionner une sonde de taille et de matériau appropriés, minimisant ainsi les risques de lésions urétrales et d'infections urinaires. Inspectez soigneusement l'emballage stérile de la sonde ; s'il est périmé, si l'emballage extérieur est endommagé ou s'il est humide, il ne doit pas être utilisé.
Le choix du calibre de la sonde est primordial : il convient d’opter pour une sonde plus fine (12 Fr chez l’adulte et 8 Fr chez l’enfant) afin de limiter les lésions de l’urètre et de la vessie. La sonde doit être maintenue stérile ; en cas de contamination accidentelle, elle doit être remplacée. Ne jamais réinsérer une sonde retirée. Les mouvements lors de l’insertion doivent être doux afin d’éviter toute lésion de la muqueuse urétrale.
- Mettre en œuvre des mesures de désinfection et d'isolement appropriées
Les mains du personnel médical étant un vecteur de transmission des maladies infectieuses, les infections urinaires peuvent se transmettre par cette voie. Un lavage des mains rigoureux est donc essentiel pour prévenir les contaminations croisées, et un lavage hygiénique des mains doit être effectué aussi souvent que nécessaire. La transmission entre patients peut se produire par le biais des tables de chevet, des draps, des cathéters et d'autres supports. Il est préférable que les patients atteints d'infections urinaires et ceux qui n'en sont pas atteints ne partagent pas la même chambre ni un lit adjacent. Les urinoirs utilisés par les patients doivent être désinfectés ou remplacés régulièrement.
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