Points clés à surveiller lors d'un cathétérisme intermittent propre
Cathétérisme intermittent propre — Notes de pratique clinique
Lors d'un cathétérisme intermittent propre (CIP), les volumes d'urine recueillis chez un même patient par différents opérateurs au cours d'une même période peuvent varier de 50 à 100 mL. Cette variation est attribuable aux différences de technique, d'angle d'insertion et de manipulation de la sonde entre les opérateurs. Une technique inadéquate peut entraîner une vidange incomplète de la vessie, ce qui augmente le volume résiduel post-mictionnel (VRPM) et le risque d'infection urinaire. Une évaluation inexacte du volume d'urine résiduelle peut également en résulter. Les points clés de la pratique du cathétérisme intermittent sont décrits ci-dessous.
Profondeur d'insertion optimale du cathéter
La sonde doit être insérée jusqu'à la première observation d'urine, puis légèrement plus profondément (de 1 à 3 cm supplémentaires). La profondeur d'insertion est jugée satisfaisante par l'observation d'un jet d'urine régulier et abondant, et non pas simplement en insérant la sonde à une profondeur fixe (par exemple, 4 à 6 cm chez les patientes) puis en s'arrêtant, comme cela se faisait traditionnellement.
Application de pression abdominale — Moment et technique
Lors de la phase initiale du cathétérisme, aucune pression abdominale ne doit être exercée. À ce stade, la vessie est distendue ; toute pression exercée pourrait entraîner une augmentation brutale de la pression intravésicale et un risque de reflux vésico-urétéral (RVU). De plus, les patients qui conservent leur sensibilité ressentiront une gêne ou une douleur importante due à cette pression.
La pression abdominale ne doit être appliquée qu'une fois la vessie moins tendue. À mesure que la pression intravésicale diminue progressivement (ce qui se traduit par un jet d'urine plus faible ou plus lent), la pression doit être augmentée progressivement. La pression appliquée doit rester dans les limites de tolérance du patient et ne doit pas provoquer de lésions abdominales. Une pression efficace est confirmée lorsque le jet d'urine devient plus rapide et plus abondant.
Lors de la dernière étape du cathétérisme, il est possible que des sédiments ou des débris soient présents dans la lumière du cathéter. À ce moment-là, la pression exercée sur l'abdomen doit être maintenue ; il ne faut en aucun cas la relâcher avant le retrait complet du cathéter. La pression ne doit être relâchée qu'après le retrait du cathéter. Un relâchement prématuré de la pression crée une dépression dans la vessie, ce qui peut entraîner le reflux de sédiments et d'urine résiduelle.
Gestion d'un débit urinaire faible ou fluide
Si le jet d'urine ralentit ou s'éclaircit malgré la pression abdominale, les mesures suivantes doivent être prises :
① Faites pivoter doucement le cathéter pour repositionner les orifices latéraux de son extrémité à l'intérieur de la vessie, modifiant ainsi l'angle du cathéter.
② Ajustez la profondeur d'insertion du cathéter (avancez ou retirez légèrement) jusqu'à ce que l'extrémité du cathéter soit à nouveau immergée dans le bassin d'urine.
③ Une fois que le jet d'urine reprend ou devient plus rapide et plus abondant, le cathéter doit être maintenu dans cette position (profondeur et angle ajustés) pour poursuivre le drainage.
④ Si, malgré des mesures répétées, aucun écoulement d'urine ne se produit, la vessie est considérée comme vide. Si l'état du patient le permet, un changement de position (par exemple, en surélevant la tête du lit) peut être tenté avant le retrait définitif de la sonde.
Technique de retrait du cathéter
Lors du retrait de la sonde, celle-ci doit être maintenue en permanence sous le niveau du méat urétral. La main exerçant une pression abdominale doit maintenir cette pression de soutien durant toute la durée du retrait.
Positionnement du patient
Lors du cathétérisme, les patients sont généralement placés en décubitus dorsal. Si le patient peut s'asseoir, une position semi-assise ou assise peut être adoptée. Les patients de sexe masculin capables de se tenir debout peuvent pratiquer l'auto-sondage en position debout. Remarque importante : la position couchée sur le dos entraîne généralement une diminution de 50 à 150 ml d'urine par rapport aux positions assise ou debout.
Gestion des spasmes urétraux lors du cathétérisme
Si le patient présente un spasme urétral ou vésical pendant le cathétérisme, il ne faut PAS appliquer de pression abdominale, car cela pourrait aggraver le spasme.
Pour les patients de sexe masculin rencontrant des difficultés d'insertion de la sonde urinaire en raison de spasmes : attendez que le spasme se résorbe, puis choisissez une sonde de diamètre légèrement inférieur, appliquez abondamment du lubrifiant et insérez-la rapidement. Si la sonde rencontre une légère résistance au niveau de l'urètre prostatique, soulevez doucement le pénis vers la paroi abdominale ; cette manœuvre réduit la résistance et facilite l'insertion.
Si la résistance est trop importante pour permettre le passage du cathéter, ne forcez pas les insertions répétées, car cela pourrait entraîner des saignements urétraux, des lésions de la muqueuse et une aggravation des spasmes. Des techniques manuelles pour soulager les spasmes ou des antispasmodiques peuvent être utilisés sous surveillance médicale.
Sélection du cathéter
Choisissez la sonde urinaire de plus grand diamètre adaptée au calibre urétral du patient. Une sonde de plus grand diamètre facilite l'évacuation des sédiments et des débris, produit un jet d'urine plus puissant et réduit la durée du cathétérisme.
Considérations particulières pendant les menstruations
Pendant leurs menstruations, les patientes peuvent opter pour une sonde urinaire à demeure si cela est approprié, ou réduire la fréquence des cathétérismes intermittents si une miction partielle spontanée est possible.
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